HLS5ASD - ANTHROPOLOGIE, SOCIOLOGIE, DÉMOGRAPHIE DU DEVELOPPEMENT
Responsable : Yves CHARBIT
Grands problèmes actuels de population et développement
Yves CHARBIT : 1h30 / semaine
Le cours porte sur les interactions entre population et développement et les défis posés aux pays d’Afrique, d’Asie et d’Amérique Latine. L’idée centrale est qu’il est faux de considérer la croissance de la population mondiale, d’ailleurs en cours de stabilisation, comme la cause majeure, voire unique, des difficultés rencontrées par les sociétés étudiées. Ces dernières (pauvreté, environnement, éducation, urbanisation, migrations internationales, santé et SIDA) ont une dimension politique, économique, sociale et culturelle qui dépasse le simple cadre d’une étude démographique traditionnelle.
Culture, ethnicité et développement
Denys CUCHE : 1h30 / semaine
Derrière l’interrogation récurrente : « existe-t-il des obstacles culturels au développement ? », se cachent les vraies questions : qu’est-ce que la culture ? Qu’est-ce que le développement ? Et quelle relation y a-t-il entre les dynamiques culturelles et les transformations socio-économiques ? Ces questions ne peuvent pas être traitées indépendamment de la prise en compte des rapports sociaux qui s’inscrivent le plus souvent, quand il s’agit de développement, dans un cadre de relations interethniques asymétriques. Le cours proposera donc une réflexion critique concernant l’impact des facteurs culturels et des facteurs ethniques sur le changement social dans les pays en développement.
Anthropologie du développement : la gestion de l’eau
Marie-Luce GELARD : 2h / semaine sur 9 semaines
A partir d’études de cas en Afrique du nord, le cours aborde la question de la centralité de l’eau (acquisition et distribution) dans les sociétés rurales au Maghreb. Une attention particulière sera portée à la société oasienne, illustrant la place centrale de l’eau et l’organisation sociale qui l’entoure. Les différentes modifications sociales induites par les politiques hydrauliques permettront d’aborder diverses questions anthropologiques majeures dans la double perspective du changement social et du développement. Les politiques de l’eau occupant une place décisive dans les stratégies de développement économique et social.
HLS5TPC - SOCIETES ET ENVIRONNEMENTS Responsable : François-René PICON
La nature : une réalité culturelle ?
François-René PICON : 2h / semaine
La nature est forcément humanisée et chaque société la vit selon ses normes culturelles. A partir de monographies ou de textes choisis dans plusieurs aires géographiques, on verra comment toute étude de la relation homme/nature ne peut être une fin en elle-même, mais se prolonge nécessairement par la prise en compte de la totalité de la société, c’est-à-dire des différents domaines interdépendants qui la composent et qu’analysent les monographies ethnologiques (économie, rituel, politique, système de représentations ...). On soulignera donc qu’il s’agit, entre société et environnement, d’une relation « totale » qu’il faut également situer dans un perspective dynamique puisque c’est une relation qui ne cesse de se construire.
Normes et pratiques
Béatrice LECESTRE-ROLLIER : 2h / semaine
A partir d’études de cas (aire culturelle du Maghreb) relatives à des conflits fonciers autour de la propriété, de l’usage et de la transmission de la terre, on illustrera concrètement l’interaction entre les diverses logiques sociales (économiques, parentales, politiques, symboliques, ...), et on montrera la souplesse du jeu entre normes (coutumières, islamiques, étatiques) et pratiques.
HL6SAPSS - ANTHROPOLOGIE DU POUVOIR
Responsable : Denys CUCHE
L’anthropologie politique : fondements, évolutions des problématiques et nouvelles perspectives
Erwan DIANTEILL – 2h / semaine x 9 séances
L’objectif du cours est d’examiner la constitution et les évolutions du champ de cette sous-discipline depuis les années 1930. Seront passés en revue les origines traditionnelles, « la situation coloniale », les processus d’indépendance étatique nationale et enfin la mondialisation progressive de la fabrication du politique. Les contextes organisationnels, économiques et religieux de la fabrication du politique ainsi que la nature culturelle et idéologique de ses expressions seront pris en considération. Les terrains de l’Afrique noire seront privilégiés.
Construction nationale et hiérarchies socio-ethniques en Amérique Latine
Denys CUCHE– 1h30 / semaine
En Amérique latine, l’Etat a précédé la nation. La conquête de l’indépendance par les Créoles au XIXème siècle a été le fait d’un nationalisme sans nation. Pour les jeunes Etats latino-américains, la question centrale du débat idéologique concernant l’identité nationale est alors celle de la composition ethno-raciale de la population : est-il possible de construire une nation avec une population trop peu nombreuse et aussi hétérogène, composée d’Indiens, de descendants d’esclaves africains et d’Européens ? Face à ce défi, les élites politiques ont cru trouver dans le recours à l’immigration étrangère une solution à leur problème. Dès lors, l’Amérique latine est devenue, à des degrés divers selon les pays, une terre d’immigration, ce qui conduit à s’interroger sur le rôle qu’ont pu jouer les différentes populations migrantes dans la construction nationale et l’évolution des hiérarchies socio-ethniques.
La tribu : un concept politique ?
Marie-Luce GELARD – 1h30 / semaine
Ce cours examinera l’histoire du concept de « tribu » (qabîla) en illustrant sa place sommitale dans le monde musulman. Il est aujourd’hui essentiel de questionner le parcours historique singulier de la notion de tribu (structures tribales, claniques, fractions, clientélismes, etc.) en anthropologie sociale. Dans une aire géographique fort vaste : Afrique, Moyen-Orient, Asie, la revitalisation du fonctionnement tribal à la fois comme opérateur du pouvoir et comme support identitaire, pose des interrogations majeures. Cet enseignement présentera les formes d’organisations sociales, les hiérarchies et les clivages spécifiques à ce qu’il convient d’appeler « l’ordre tribal » tout en montrant l’extrême diversité de ces sociétés.
HLS6FAM - FAMILLE ET GENRE : UNE APPROCHE ANTHROPOLOGIQUE
Responsable : Béatrice LECESTRE ROLLIER
La construction culturelle du genre
Béatrice LECESTRE ROLLIER : 4h / quinzaine
Le concept de genre en tant que catégorie d’analyse permettant de dévoiler les constructions sociales et culturelles du sexe est apparu en sciences sociales à partir des années 70. C’est à la lumière de ce concept que nous interrogerons les matériaux anthropologiques. Par delà la variabilité de la relation entre sexe et genre selon les sociétés, il s’agira de réfléchir à l’universalité de la domination masculine.
Les figures de la parenté
Marie-Luce GELARD : 4h / quinzaine
Les études portant sur la parenté sont au coeur de l’anthropologie sociale depuis ses origines. Ce cours est une initiation à l’anthropologie de la parenté. On abordera aussi bien les thématiques classiques de la discipline (la consanguinité, l’alliance) que les thématiques plus contemporaines faisant une large place à la dimension corporelle et symbolique des constructions culturelles de la parenté : la parenté de lait, les parentés « choisies », l’incidence des humeurs corporelles (lait/sang/sperme) sur les représentations de la parenté.
HL6SREM - RELATIONS INTERCULTURELLES, ETHNICITE ET MIGRATIONS INTERNATIONALES
Responsable : Denys CUCHE
Ethnicité, relations interethniques et migrations internationales
Denys CUCHE : 2h / semaine
Les relations interethniques contribuent de façon importante à l’évolution des sociétés contemporaines, qui sont toutes, à des degrés divers, des sociétés pluriethniques. Pourtant, la recherche sociologique et anthropologique française a longtemps négligé cet aspect fondamental des rapports sociaux. Le cours retracera l’histoire de la construction du champ d’étude des relations interethniques et de l’ethnicité en France et ailleurs, notamment aux Etats-Unis. Il présentera l’évolution des modèles d’analyse et des méthodes d’enquête propres à ce champ de recherche et soumettra à l’examen critique les principaux concepts utilisés. Et il montrera qu’aujourd’hui la question des migrations internationales est le plus souvent pensée dans une problématique de relations interethniques
La mise en place de politiques interculturelles
Jean-Pierre LIEGEOIS : 2h / semaine
Les migrations internationales, et l’émergence des minorités, entraînent une modification des configurations socioculturelles et politiques présentes dans les Etats, et l’idée de développement de politiques et de pratiques interculturelles a été lancée, notamment par le Conseil de l’Europe. Quelle en a été la genèse, quelles en sont les dynamiques, quelle en est la réalité actuelle, au niveau européen, et l’impact sur les politiques nationales ? Est-ce toujours un projet ou parfois une réalité, et dans quelles conditions ? Est-ce une composante importante dans le contexte actuel d’élargissement de l’Europe ? Dans ce contexte a germé l’idée d’une éducation interculturelle. Une partie du cours sera consacrée à l’analyse de son histoire, des raisons politiques, des fondements théoriques, des implications pratiques, et des retombées de sa mise en œuvre, dans un domaine, celui de l’Education, qui reste pour les Etats très sensible, mais sujet à des changements nécessaires.
HLS6GPD - GRANDS PROBLEMES DEMOGRAPHIQUES CONTEMPORAINS
Responsable : Yves CHARBIT
L’ explosion » de la population mondiale, mythe ou une réalité ?
Yves Charbit : 2h / semaine
La « bombe démographique » est-elle désamorcée ? Pour répondre à cette question il faut d’abord interroger le passé démographique de l’Europe, de l’Asie, de l’Amérique latine et de l’Afrique. Analyser la situation actuelle conduit à constater que les choses ont beaucoup évolué depuis la fin de la deuxième guerre mondiale et que le Tiers-monde est un concept dépassé. Plusieurs explications théoriques qui contribuent à comprendre la fin de l’explosion de la population mondiale sont enfin examinées.
Migrants et mobilité internationale : une dynamique démographique dans un contexte de mondialisation
Véronique Petit : 2h / semaine
Alors que les migrants internationaux présentent moins de 3% de la population mondiale annuelle, leur installation dans les pays d’arrivée ou de transit, la régulation de leur mobilité, les conditions de leur retour, et les conséquences socio-économiques de leur circulation constituent chaque jour davantage un enjeu politique majeur dans les relations entre Etats. L’évolution des flux et des systèmes migratoires, des profils sociodémographiques des migrants, de l’organisation de la mobilité révèlent les tensions entre les acteurs et les déséquilibres entre zones pauvres et zones développées. Ainsi, l’analyse des migrations internationales doit s’inscrire dans celle du changement social que vivent aussi bien les sociétés du Sud que du Nord.