Responsable : Véronique PETIT
Chercheurs en rattachement principal
Cris BEAUCHEMIN, Sebastien BOULAY, Luc CAMBRÉZY, Yves CHARBIT, Jean COPANS, Denys CUCHE, Christine DEPREZ, Valérie GOLAZ, Joseph LARMARANGE, Marc-Antoine PÉROUSE DE MONTCLOS, Véronique PETIT, Frédéric PIANTONI, François-René PICON, Nelly ROBIN et Frédéric SANDRON.
Chercheurs associés participant à des projets de l’Equipe
Ronan BALAC, Jacques CHARMES, David LESSAULT, Claire MÉDARD, Denis MECHALI, Bruno SCHOUMAKER, Salif NDIAYE, Franck TEMPORAL, Guillaume POIREL
Doctorant(e)s
Estelle AUGUIN, Alhassane BALDE, Oumy Cathy BEYE, Hamidou DIA, Stéphanie DRELON, Elsa El HACHEM, Juliette FOUCHE, GAMMOUDI Taoufik, Etienne HERTZ, Mababou KÉBÉ, Said KOISSE, Yves MAGNON, David MAHUT, Irene MENGUE, Cora MEZGER, Teiko MISHIMA, Andorinina RAKOTONARIVO, Aminata SALL, Gabriel SANGLI, Mariama SARR, VERMOT Cécile .
Projets de Recherche : suivre ce lien
Au sein de cette équipe deux grandes problématiques seront développées :
la dialectique entre « sédentarité et mobilité » conduit à repenser la question des dynamiques de peuplement d’un point de vue démographique et spatial ;
l’articulation entre migrations internationales et dynamiques sociales qui conduit à s’interroger sur les facteurs du développement d’un point de vue social et économique.
Cette double entrée permettra de s’interroger sur les interrelations et de déconstruire les causalités complexes qui relient les comportements démographiques, économiques, sociologiques les uns aux autres, ainsi qu’à l’imbrication de terroirs/territoires à des espaces régionaux ou transnationaux plus larges. Elle permettra également à terme de conduire une réflexion sur la notion de développement et de co-développement sans négliger la dimension historique et politique de cette notion.
Soulignons que cette refondation ne remet pas en cause les passerelles avec les deux autres équipes de recherche de l’UMR. Dans le domaine de la santé, deux questions sont d’une brûlante actualité : le rôle des migrations et des mobilités dans la diffusion des maladies d’une part, d’autre part l’accès à la santé dans la décision de migrer. Enfin, en liaison avec l’Equipe Famille et Solidarités, la question des migrations, celle de l’utilisation des transferts, doivent être davantage mesurées au regard des relations intra familiales, des relations intergénérationnelles et des réseaux des solidarités.
1. La dialectique entre « sédentarité et mobilité »
Problématique et implications méthodologiques
Si l’étude des migrations est l’un des axes majeurs de la démographie, cette thématique intéresse également d’autres disciplines qui, depuis déjà plusieurs décennies, l’ont parfois même érigé en tant que spécialité à part entière. En sociologie, en anthropologie, en géographie, en histoire ou en économie, l’étude des migrations a suscité l’émergence d’hypothèses, d’approches et de méthodes plus ou moins novatrices, qui, toutes, ont contribué à mieux prendre en compte la diversité des contextes et la complexité des processus à l’œuvre. De la dialectique entre « sédentarité et mobilité » jusqu’à l’exode rural, la croissance urbaine, ou le retour vers la campagne , en passant par la « rurbanisation » et les typologies sans cesse plus nombreuses (et parfois controversées) sur les migrations forcées voire, les « réfugiés de l’environnement », la diversité des angles d’attaque n’a pas manqué. Au risque, sans doute, d’une théorie d’ensemble qui resterait à élaborer. Dans ce foisonnement de recherches et « d’écoles », les études conduites sur les migrations et les mobilités dans les pays en développement souffrent pourtant de plusieurs lacunes : problèmes de mesure, cloisonnement disciplinaire et géographique, insuffisance des études comparatives, etc. S’agissant des migrations internationales, encore trop peu d’études s’attachent à envisager la question dans son ensemble, depuis les régions et pays d’origine, jusqu’aux pays de destination en passant par les pays de transit. D’autre part, cette thématique – encore largement influencée par des interprétations de type push/pull comme par exemple « l’attraction des villes » – mérite de voir davantage prises en compte les approches permettant de mieux mesurer et comprendre les « projets et les circulations migratoires » . Inversement, des analyses trop exclusivement qualitatives, ne permettent pas d’offrir aux opérateurs du développement des réponses précises à leurs interrogations aussi bien sur les déterminants de la migration que sur l’impact des remises en matière de développement. Or, dans le contexte de la mondialisation, de l’accélération des échanges et de la contraction des espaces, les migrations internationales – même si elles demeurent relativement modestes en termes de flux – sont perçues de manière contradictoire par les pays d’immigration, aussi bien comme un stock de main-d’œuvre à bas coûts que comme une menace au regard des principaux équilibres sociétaux et économiques nationaux . Dans ce contexte, la « maîtrise des flux » de migrants originaires du Sud (de l’Afrique en particulier) s’inscrit dans une problématique plus large qui conduit à placer la question du développement (voire du « co-développement ») et de la protection de l’environnement au cœur des recherches conduites par l’Equipe. A cet égard, le fait que certains pays (pays de transit, pays émergents, pays pétroliers) deviennent aussi des pays où les migrants s’installent et travaillent complexifie d’ailleurs singulièrement une lecture strictement binaire des migrations Sud/Nord.
La réponse migratoire
Dans cette perspective, rappelée à grands traits, la problématique migratoire telle qu’elle est envisagée par l’Equipe Migrations internationales et dynamiques sociales entend contribuer à enrichir la théorie du changement et de la réponse. En effet, les migrations envisagées comme une stratégie adaptative à des situations de crise méritent d’autant plus être revisitées que la notion même de « crise » renvoie à des présupposés évolutionnistes qui, en plaquant l’histoire du développement des pays industrialisés sur d’autres réalités (africaines, latino-américaines), aboutit à des interprétations pour le moins discutables. Ainsi, on sait par exemple que pour nombre de sociétés rurales africaines, la décision de migrer s’inscrit dans le contexte de « crise » de systèmes agraires en perpétuelle tension et ce, sans qu’il soit nécessaire d’invoquer des événements plus ou moins imprévus et exceptionnels tels que les catastrophes naturelles (sécheresse) ou les conflits politiques. En d’autres termes, dans nombre de sociétés rurales africaines, le cas le plus général est celui, apparemment paradoxal, où la situation de crise devient ou est devenu au fil du temps « la situation normale » à laquelle il convient de s’adapter en envisageant le départ. Lorsque la situation de pauvreté chronique est étroitement corrélée à la pression démographique et foncière, les sociétés rurales africaines ont une manière simple et efficace d’y répondre. Une partie de la population – souvent les générations montantes - se déplace des régions les plus peuplées vers celles encore vides ou moins peuplées. Ce processus de colonisation agricole en tâche d’huile a pu être observé dans de nombreux pays africains. Il se traduit par un double phénomène de densification de l’espace et de redistribution de la population dans l’espace . Dès lors, les mobilités et les migrations doivent être probablement perçues davantage comme une réponse normale à la fragilité des systèmes agraires. Et d’une certaine manière, contrairement à l’idée qui prévaut encore trop souvent de sociétés immuables, enracinées voire, « sans histoire », la mobilité et la migration font partie intégrante des systèmes agraires. Dans une large mesure, ces processus expliquent que les taux d’urbanisation demeurent très en dessous de ceux des autres continents . Enfin, élargir la théorie du changement et de la réponse à d’autres champs disciplinaires que la démographie s’impose d’autant plus que de nombreuses études ont montré que la compréhension des dynamiques migratoires échappe à la seule analyse des taux de mortalité ou de natalité. L’histoire et l’analyse des contextes sociopolitiques ne jouent pas qu’un rôle secondaire . Au Mexique par exemple, la révolution de 1910, la mise en œuvre de la réforme agraire et la municipalisation ont été des facteurs déterminants dans la course à la terre qui a suivi le démantèlement des haciendas . Inversement, au Kenya, les conflits des années 1990 ont fortement influencé les migrations internes . Les conditions d’accès au foncier jouent de ce point de vue un rôle déterminant et ce n’est donc pas la moindre des justifications pour promouvoir une approche spatialisée des comportements démographiques.
2. Synergie entre migrations internationales et dynamiques sociales
Les migrations sont appréhendées - dans la perspective de la théorie du changement et de la réponse - comme une « stratégie » d’adaptation à de nouvelles situations socioculturelles, économiques et politiques, voire écologiques. La question du développement implique d’identifier les profils des différents groupes de populations impliqués dans des dynamiques de changement ou de mobilité en raison de leurs caractéristiques individuelles ou de celles de leur ménage dans une situation d’ascension sociale ou dans un processus de vulnérabilité. En raison de la généralisation et de l’accroissement de la concurrence que ce soit au niveau local ou international, des tensions de plus en plus fortes autour des formes traditionnelles et modernes de solidarité, de la montée des inégalités sociales, il paraît de plus en plus difficile de dissocier une analyse des facteurs de réussite et une analyse des facteurs de paupérisation. Que ce soit en Afrique, en Asie ou en Amérique latine on constate la coexistence d’une extrême pauvreté et d’une extrême richesse. C’est pourquoi si au sein de l’équipe l’analyse de la pauvreté reste un axe privilégié, il conviendra également d’examiner les choix en matière d’investissement humain et économique ayant permis une certaine intégration socioéconomique, sinon une certaine réussite. Ceci peut être notamment réalisé dans l’étude des diasporas prises au sens large, en examinant les formes des liens unissant les descendants de migrants à leur pays et famille d’origine, les stratégies d’investissement dans la société d’accueil, ainsi que les dynamiques de la construction identitaire.
La pauvreté, un objet de recherche par nature interdisciplinaire
Il conviendra donc d’examiner d’une part dans quelle mesure la situation de pauvreté des individus ou des ménages , en tant que dynamique économique, contribue à contextualiser et à expliquer les dynamiques sociodémographiques comme les mouvements migratoires, les modifications des structures familiales et les changements affectant les relations de solidarité entre les membres de la famille . De plus, le niveau de ressources et de revenus des ménages conditionne largement l’accès aux services de santé et au système éducatif, et influence donc les attitudes et les comportements en matière de santé et de santé de la reproduction . La pauvreté est depuis longtemps un thème très étudié par les économistes du développement, surtout dans leur dimension macroéconomique (suivi des agrégats), mais ils l’ont aussi analysée au niveau des familles et des ménages. Les démographes de leur côté travaillent depuis deux décennies sur les ménages et ont bien approfondi et précisé les concepts et les mesures relatives à la structure et la dynamique des ménages, notamment en Afrique et dans la Caraïbe. Les travaux sociologiques remontent en Europe aux enquêtes sociales du XIXe siècle. Quant aux recherches anthropologiques, elles ont connu en Amérique Latine un essor remarquable à partir des années 1950. Enfin, la pauvreté, en tant qu’enjeu politique du développement, a suscité un intérêt institutionnel récent d’abord avec les programmes d’ajustements structurels, puis les stratégies nationales de réduction de la pauvreté dans les pays et on le sait, tous les Documents stratégiques de réduction de la pauvreté (DSRP) prévoient pour le « suivi de la pauvreté » la réalisation d’enquêtes quantitatives et qualitatives. Dans ce contexte la disponibilité, depuis les années 1990, d’enquêtes lourdes auprès des ménages offrent de nouvelles perspectives à la recherche sur la pauvreté des ménages. Le lien avec l’approche macroéconomique est pourtant possible à établir, puisque les grands indicateurs – indice de pauvreté humaine (IPH) et indice de développement humain (IDH) – combinent variables économiques, socioculturelles et démographiques que l’on collecte aussi dans ces enquêtes.
Mobilités, réseaux transnationaux et développement.
Les mécanismes socioéconomiques associés aux réseaux transnationaux s’appuient moins sur les maillages nationaux que sur des réseaux associatifs, politiques, économiques, familiaux et communautaires. Les modèles européens fondés sur les traditions politiques et les relations que chacun des états entretient avec les populations en situation de minorité issues de l’immigration influencent la mobilisation des groupes collectifs [Kastoriano, 1994 : 169] . Entre autres auteurs, Tarrius [1991, 1993, 1995] , De tapia [1996] , Gonin [1997] ont mis en évidence la force des dynamiques transnationales et leurs effets dans les processus de développement. Souvent associé au concept de circulation migratoire , Spatialement, ces mouvements bi ou multipolarisés intègrent des espaces d’accueil, de départ et de relais. Ils produisent des centralités réticulaires aussi efficaces que celles créées les institutions étatiques. La spatialisation des relations n’est plus liée à un ancrage circonscrit dans un maillage, mais se développe par des liens dynamiques en intégrant la mobilité comme élément essentiel. En relevant leur plasticité, Waldinger [2006] souligne, trois modalités différentes de relation entre la structuration des réseaux transnationaux passés et actuels : la constante réapparition, chez les immigrants, de liens ethniques et trans-États, qui relient l’« ici » et le « là-bas » ; l’apparition massive de mécanismes d’État qui contrôlent les mouvements de population entre pays rationalisant les distinctions entre étrangers et citoyens et empêchant la constitution de liens entre États d’origine et États d’accueil ; les contraintes politiques des relations entre États qui aboutissent à faire peser périodiquement les menaces d’hostilité entre pays sur les liens sociaux transnationaux entre les immigrants et leurs descendants. Aussi, la formalisation des réseaux transnationaux dans les problématiques de développement est-elle essentielle en dépassant largement les transferts commerciaux ou les remises, intégrant des ressources informationnelles ou communautaires.
Problématique et implications méthodologiques
L’idée centrale du projet de l’équipe est que les stratégies adaptatives à la pauvreté peuvent relever de plusieurs logiques . Les « réponses » des ménages peuvent d’abord se lire dans leurs comportements démographiques proprement dits : éclatement des familles étendues et repli sur les noyaux biologiques, élévation de l’âge au mariage et augmentation du célibat, diminution de la fécondité par la contraception ou l’avortement (cas du malthusianisme de pauvreté en Amérique latine urbaine), exode rural et/ou émigration internationale dans la plupart des pays en développement. D’autre part, une réponse économique largement observée est le développement de la pluri-activité, et, par contre coup, la mobilisation de la main-d’œuvre familiale féminine et enfantine, mais on observe aussi la monétarisation des rapports sexuels et l’exploitation économique des enfants. Enfin, la pauvreté conduit les ménages à recourir aux formes de solidarité communautaires, ce qui nécessite d’accorder une attention particulière aux systèmes de valeurs et aux normes culturelles, donc à l’anthropologie . L’UMR attachera aussi un intérêt particulier à la prise en compte des échelles spatiales et temporelles de la pauvreté. Les échelles spatiales ont déjà été évoquées : les ménages confrontés à la pauvreté vont chercher à élargir leur horizon au-delà de leur communauté : en s’appuyant sur leurs réseaux familiaux ou ethniques , ils vont tenter de chercher des solutions au niveau régional, national ou même international. L’émigration internationale, et plus particulièrement la question des transferts d’argent déjà étudiée dans le cas du réseau « Migrations internationales » du GIS CEPED , illustre bien cette articulation des échelles spatiales. D’emblée se dessine la nécessité d’un double bilan, car selon le type de milieu de vie observé les questions de pauvreté ne se posent pas de la même manière. En milieu rural, le rapport au foncier, à la consommation et à la commercialisation des ressources agro-pastorales par les ménages semble central. En milieu urbain, les recherches sur les questions d’emploi (formel ou informel), les coûts humains et sociaux des villes (habitat, santé, scolarité, prostitution, délinquance, éclatement des familles) sont à évaluer de manière prioritaire. Deux précautions d’ordre méthodologique s’imposent : d’abord les deux milieux ne sont pas « étanches », les ménages ruraux tentant de résoudre leurs problèmes de pauvreté par l’exode rural ; ensuite il est probable que les « réponses à la pauvreté » sont parfois les mêmes, par exemple l’émigration internationale , ce qui conduit à ne pas surestimer l’importance des déterminismes écologiques, et nous ramène à la nécessité d’un regard interdisciplinaire . Dans le même sens, un travail préalable de conceptualisation sera nécessaire pour clarifier les concepts de pauvreté, de précarité, de vulnérabilité, voire de marginalité et d’exclusion . De même, il conviendra de préciser les notions de réponse, de stratégie et d’adaptation. Il faudra surtout s’attacher au sens que chaque discipline leur donne et comment chacune les mobilise dans ses recherches empiriques. Certaines des activités actuelles du CEPED constituent d’ores et déjà une phase exploratoire typique de cette réflexion. L’analyse des réponses à la pauvreté ne peut non plus ignorer les échelles temporelles . Outre les situations de pauvreté chronique, qui relèvent du moyen ou du long terme, une autre dimension devra être envisagée, celle des crises et des chocs exogènes (catastrophes climatiques, sanitaires ou encore politiques). Ainsi, en matière de mortalité, une famine aura des conséquences bien différentes du Sida : forte mortalité infanto-juvénile dans le premier cas, mortalité des adultes avec le Sida, d’où des conséquences opposées sur la structure des ménages et par contrecoup sur leur capacité de survie économique (modifications des rapports de dépendance entre actifs et inactifs). Mais une vision plus fine des choses nécessitera d’analyser comment s’articulent d’une part les différentes échelles spatiales et d’autre part les différentes échelles temporelles. Pour ces dernières par exemple, ne pas dissocier le court terme du moyen ou du long terme est essentiel pour analyser correctement les crises ; et pourtant, cette précaution méthodologique est souvent négligée. Les crises seront en effet plus ou moins dévastatrices selon l’état socio-sanitaire et économique des populations : on pense ici au caractère létal des épidémies de rougeole, lorsqu’elles frappent des enfants souffrant de malnutrition. Inversement les chances de sortie à long terme de la pauvreté, liées par exemple à une fenêtre d’opportunité (la hausse du prix d’une matière première par exemple), seront plus grandes si les conditions structurelles de développement sur le moyen et le long terme (réseau routier, crédit décentralisé, investissements dans l’éducation) ont été réunies. Enfin, une analyse sociétale fine conduit à mettre en évidence l’extrême hétérogénéité des sociétés : dans le même pays, voire la même région sinon le même district, certains groupes ethniques s’enrichissent parfois aux dépens d’autres avec lesquels ils coexistent et entretiennent des rapports d’échange fort inégalitaires , qui ne sont pas sans évoquer les mécanismes d’appauvrissement liés à l’exploitation des ressources nationales par des groupes économiques internationaux. Les projets de recherche qui figurent ci-après s’inscrivent dans cette problématique et ces choix méthodologiques.