
15e Conférence Internationale sur le SIDA et les Infections Sexuellement Transmissibles en Afrique.
Elle aura lieu du 3 au 7 décembre 2008 à Dakar au Sénégal.
Voir en ligne Site web de la CISMA
Samedi 6 décembre 2008 10:30-12:00 • Dakar • Hôtel Le Méridien • Hall d’Exposition
Auteurs
J. Larmarange[1 • IRD – CEPED UMR 196 Paris Descartes INED IRD, Paris, France], R. Vallo[2 • Université de Montpellier I – EA 4205, Montpellier, France], S. Yaro[3 • Centre Muraz, Bobo-Dioulasso, Burkina Faso], P. Msellati[4 • IRD – UMR 145, Marseille, France], N. Méda[3], B. Ferry1[1]
Résumé
Objectif
Les prévalences nationales du VIH ont été historiquement estimées à partir de la surveillance sentinelle en cliniques prénatales (CPN). Depuis 2001, les Enquêtes Démographiques et de Santé (EDS) en population générale constituent une nouvelle source d’informations. Pour plusieurs pays, les estimations entre ces deux sources divergent, principalement en raison de la localisation des sites sentinelles retenus. Certains travaux ont montré que les CPN pouvaient constituer un bon indicateur local. Nous cherchons ici à comparer localement EDS et CPN afin de préciser la représentativité de ces dernières.
Méthode
Nous avons eu recours à des techniques d’analyse en composantes d’échelle et d’interpolation spatiale afin de cartographier les variations infrarégionales de la prévalence du VIH à partir des EDS. La méthode employée a été testée à partir d’une modélisation avant d’être appliquée aux EDS 2003 du Burkina Faso et 2004 du Cameroun. Un programme informatique a été spécialement conçu à cette fin (http://www.ceped.org/prevR). Nous obtenons les tendances régionales de la prévalence du VIH dans un rayon de 30 à 90 kilomètres, que nous comparons avec les données CPN.
Résultats
La prévalence du VIH mesurée en CPN est fortement dépendante de la zone de recrutement (ZR) de cette dernière. Pour les petites agglomérations isolées, le nombre limité de cliniques induit que leur ZR correspond approximativement à l’agglomération et son voisinage plus ou moins proche. Dans les grandes villes ou les régions fortement urbanisées, la diversité des CPN disponibles rendent les ZR plus complexes. Elles peuvent s’interpénétrer et/ou se superposer. Les CPN ne seront pas forcément représentatives de l’agglomération étudiée. Les CPN situées en milieu rurale traduisent pour leur part une prévalence très localisée qui peut diverger de la tendance régionale.
Conclusion
La surveillance sentinelle en CPN peut s’avérer un mauvais indicateur des niveaux régionaux de l’épidémie, en fonction de leurs zones de recrutement et des variations spatiales de la prévalence. Une comparaison avec d’autres sources est donc nécessaire avant de pouvoir généraliser une observation réalisée en CPN. Cependant, elle reste adaptée pour une surveillance locale des tendances temporelles de l’épidémie.
Vendredi 5 décembre 2008 14:30-16:00 • Dakar • Hôtel Le Méridien • Tente 1
Auteurs
J. Larmarange[1 • IRD – CEPED UMR 196 Paris Descartes INED IRD, Paris, France], R. Vallo[2 • Université de Montpellier I – EA 4205, Montpellier, France], S. Yaro[3 • Centre Muraz, Bobo-Dioulasso, Burkina Faso], P. Msellati[4 • IRD – UMR 145, Marseille, France], N. Méda[3], B. Ferry[1]
Résumé
Objectif
Depuis 2001, plusieurs enquêtes nationales en population générale avec dépistage du VIH, en particulier des Enquêtes Démographiques et de Santé (EDS), ont été menées en Afrique subsaharienne. Dans certains pays, leurs résultats étaient sensiblement différents de ceux de la surveillance sentinelle en cliniques prénatales. Les taux de non réponse (refus ou absence) des EDS ont souvent été cités pour expliquer ces différences. L’objectif de ce travail vise à estimer l’impact des différents biais de trois EDS (Burkina Faso 2003, Cameroun 2004 et Kenya 2003) sur la prévalence nationale du VIH mesurée.
Méthode
Nous avons eu recours à une modélisation mathématique pour estimer les individus infectés non observables du fait de la fenêtre sérologique des tests de dépistage. Des données de recensement et de l’UNHCR ont permis de prendre en compte les individus hors ménages ordinaires, dont les réfugiés en camps. L’ancienneté des bases de sondage utilisées a été compensée à partir de projections de population. Nous avons posé deux hypothèses simples concernant les ménages éligibles non enquêtés, considérant que leur prévalence était soit double soit moitié moindre. Enfin, la prévalence des individus éligibles mais non testés a pu être estimée à partir de modèles logistiques. Lorsque les données étaient faibles ou insuffisantes, nous avons maximisé l’amplitude des biais.
Résultats
Au Burkina Faso, la prévalence observée est de 1,77 % (IC 95 % : 1,49-2,11) tandis que la prévalence ajustée est de 1,86 % pour l’hypothèse haute et 1,82 % pour l’hypothèse basse. Elles sont respectivement de 5,44 % (5,00-5,91), 5,84 % et 5,43 % au Cameroun, 6,88 % (6,27-7,54), 7,16 % et 6,55 % au Kenya. Pour les trois EDS, la prévalence ajustée est située au sein de l’intervalle de confiance à 95 % de la prévalence observée, et même au sein de l’intervalle de confiance à 75 % (excepté l’hypothèse haute au Cameroun).
Conclusion
Les résultats des EDS constituent de bons indicateurs du niveau de la prévalence nationale du VIH parmi les adultes en population générale. L’impact des différentes sources de biais reste limité, inférieur aux erreurs d’échantillonnage. L’approche d’ONUSIDA consistant à estimer le niveau des épidémies à partir d’enquêtes en population générale s’avère pertinente.
Jeudi 4 décembre 2008 10:30-12:00 • Dakar • Hôtel Le Méridien • Tente 2
Auteurs
J. Larmarange[1 • IRD – CEPED UMR 196 Paris Descartes INED IRD, Paris, France], C. Enel[1], A. S. Wade[2 • Division SIDA/IST, Institut d’Hygiène Sociale, Dakar, Sénégal], A. Desgrées du Loû[1] pour le groupe ELIHoS[3 • IRD – Division SIDA/IST – CHU Le Dantec – Université Cheikh Anta Diop], ANRS 12139
Résumé
Objectif
En 2007 au Sénégal, une étude socio-comportementale auprès de 501 hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes (HSH) a montré que 438 (87,4 %) avait déjà eu un rapport avec une femme. Le volet anthropologique a montré des formes diverses d’homo-bisexualité et des stratégies différenciées avec les hommes et avec les femmes. Nous cherchons ici à mettre en évidence les facteurs associés à une pratique à risque avec chaque sexe.
Méthode
Un questionnaire standardisé a été administré à 501 HSH recrutés par la technique boule de neige à Dakar et dans deux villes moyennes. Le questionnaire comportait une description détaillée du dernier rapport sexuel avec un homme et avec une femme, permettant de mettre en lien les pratiques sexuelles avec des variables sur ego, son/sa partenaire et le contexte du rapport.
Résultats
Les pénétrations non protégées sont plus fréquentes avec les femmes (39,7 %) qu’avec les hommes (24,2 %). Avec un homme, le principal facteur de risque est le lieu de l’acte sexuel : 65,5 % de pénétrations anales non protégées si le rapport a eu lieu en extérieur (contre 21,5 %). Cette prise de risque est moins fréquente parmi ceux ayant suivi une action de prévention ciblée HSH (15,0 % contre 37,2 %) et parmi ceux appartenant à une association HSH (11,7 % contre 20,8 %). Enfin, les risques sont plus élevés avant 25 ans et après 35 ans. Avec une femme, le préservatif n’est presque jamais employé avec l’épouse, du fait du désir d’enfant. Hors mariage, l’âge de la partenaire est prépondérant : 74,5 % de rapports à risque si elle a 15 ans ou moins, 30,1 % entre 16 et 20 ans et 17,3 % pour les partenaires de 21 ans ou plus. Enfin, les HSH instruits et ceux sensibilisés et/ou membres d’une association se protègent plus avec leurs partenaires féminines.
Conclusion
Les actions de sensibilisation menées spécifiquement auprès des HSH depuis 2004 au Sénégal ont eu une certaine efficacité puisque les HSH sensibilisés se protègent plus, à la fois avec les hommes mais aussi avec les femmes, bien que l’effet soit moindre. La bisexualité étant importante et les facteurs de risque n’étant pas les mêmes avec les femmes, il importe que les actions de sensibilisation intègrent la problématique de la bisexualité et les pratiques des HSH avec des femmes.
Jeudi 4 décembre 2008 10:30-12:00 • Dakar • Hôtel Le Méridien • Tente 2
Auteurs
Wade A S [1 • Programme Sida, Institut d’Hygiène Sociale, Dakar, Sénégal], Larmarange J[2 • IRD, CEPED UMR 196 (Université Paris Descartes-INED-IRD), Paris, France], Diop AK[1], Diop O[1], Gueye K[1], Marra A[3 • IRD, US 009, Dakar, Sénégal], Ndawinz J [2], Sene A[4], Enel C[2], Ba S[4 • Université Cheikh Anta Diop, Dakar, Sénégal], Niang Diallo P[5 • Laboratoire de Virologie, Hôpital Le Dantec, Dakar, Sénégal], Toure Kane NC[5], Mboup S[5], Desgrées-du-Loû A[2]
Résumé
Objectifs :
Une enquête épidémiologique menée auprès de 463 hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes (HSH) avait montré en 2004 une prévalence de l’infection par le VIH très élevée dans cette population (21,5 %) et un taux élevé de pratiques à risque. Plusieurs interventions de prévention spécifiquement orientées vers cette communauté HSH ont alors été menées : un programme de prise en charge des IST et du VIH, une action de sensibilisation aux risques sexuels et une action de plaidoyer auprès de l’ensemble des acteurs de la vie publique. Une seconde enquête a été menée en 2007 pour mesurer les évolutions des prévalence VIH et IST, et évaluer l’impact des actions de sensibilisation sur la prise de risque par rapport au VIH.
Méthode :
A Dakar, Mbour/Thiès, et Saint-Louis, 501 HSH recrutés selon la technique boule de neige ont été enquêtés. L’enquête consistait en un questionnaire fermé sur des informations sociodémographiques, comportementales et biomédicales, et en un examen clinique et des prélèvements de sang et d’urine visant à détecter les IST et l’infection à VIH. Les indicateurs biologiques et comportementaux ont été comparés à ceux obtenus lors de l’enquête de 2004.
Résultats :
La prévalence du VIH parmi les HSH est demeurée stable depuis 2004 : 21,5% [95% CI : 17.8-25.7] en 2004 et 21,8% [95%CI : 18.3-25.7] en 2007 (p=0.9). Par contre les comportements à risque ont diminué : la proportion d’hommes qui ont eu au moins un rapport insertif non protégé avec un homme au cours du mois précédant l’enquête est passée de 24 % en 2004 à 9 % en 2007 (p<0.01), la proportion d’hommes qui ont eu au moins un rapport réceptif non protégé est passée de 20 % en 2004 à 10 % en 2007 (p<0.01), et la proportion d’hommes qui ont eu au moins un rapport non protégé avec une femme est passée de 18 % à 12 % (p<0.01). Chez les plus jeunes, l’important multipartenariat a fortement diminué : 19,5 % des moins de 20 ans avaient déclaré en 2004 avoir eu plus de 20 partenaires sexuels au cours de leur vie, contre 4,1 % dans cette classe d’âge en 2007.
Conclusion :
Les interventions de prévention menées auprès des HSH ont été suivies d’une réduction des prises de risque dans cette population. Prendre en compte de façon spécifique ce groupe dans les programmes de lutte contre le sida est donc efficace et important pour contrôler l’épidémie.